Hier der Text auf französisch und deutsch (mT)

DT, Samstag, 14.02.2026, 18:36 (vor 3 Tagen) @ paranoia1163 Views

Avec le moteur à explosion on pouvait faire deux choix : soit privilégier les transports en commun et faciliter la vie des gens, soit produire des automobiles, outils d’agressivité, de consommation, d’individualisation, de solitude, de stockage, de désir, de rivalité… On a choisi la deuxième solution. Je crois qu’avec le génie génétique on a le même type de choix et je crois qu’on choisira aussi, hélas, la deuxième solution. En d’autres termes, avec le génie génétique on pourrait peu à peu créer les conditions d’une humanité s’assumant elle-même librement, mais collectivement, ou alors créer les conditions d’une marchandise nouvelle, génétique cette fois-ci, qui serait faite de copies d’hommes vendues aux hommes, de chimères ou d’hybrides utilisés comme des esclaves, des robots, des moyens de travail…

M. S. — Est-il possible et souhaitable de vivre 120 ans… ?

J. A. — Médicalement, je n’en sais rien. On m’a toujours dit que c’était possible. Est-ce souhaitable ? Je répondrai en plusieurs temps. D’abord je crois que dans la logique même du système industriel dans lequel nous nous trouvons, l’allongement de la durée de la vie n’est plus un objectif souhaité par la logique du pouvoir. Pourquoi ? Parce qu’aussi longtemps qu’il s’agissait d’allonger l’espérance de vie afin d’atteindre le seuil maximum de rentabilité de la machine humaine, en terme de travail, c’était parfait.

Mais dès qu’on dépasse 60/65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte alors cher à la société.

D’où je crois que dans la logique même de la société industrielle, l’objectif ne va plus être d’allonger l’espérance de vie, mais de faire en sorte qu’à l’intérieur même d’une durée de vie déterminée, l’homme vive le mieux possible mais de telle sorte que les dépenses de santé seront les plus réduites possible en terme de coûts pour la collectivité. Alors apparaît un nouveau critère d’espérance de vie : celui de la valeur d’un système de santé, fonction non pas de l’allongement de l’espérance de vie mais du nombre d’années sans maladie et particulièrement sans hospitalisation. En effet du point de vue de la société, il est bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle ne se détériore progressivement.

C’est parfaitement clair si l’on se rappelle que les deux tiers des dépenses de santé sont concentrées sur les derniers mois de vie. De même, cynisme mis à part, les dépenses de santé n’attein-


Mit dem Verbrennungsmotor hatte man zwei Möglichkeiten: entweder den öffentlichen Verkehr zu fördern und das Leben der Menschen zu erleichtern, oder Automobile zu produzieren – Werkzeuge der Aggressivität, des Konsums, der Individualisierung, der Einsamkeit, der Anhäufung, des Begehrens, der Rivalität … Man hat sich für die zweite Lösung entschieden. Ich glaube, dass wir mit der Gentechnik vor derselben Art von Entscheidung stehen, und ich glaube, dass man leider auch hier die zweite Lösung wählen wird. Mit anderen Worten: Mit der Gentechnik könnte man nach und nach die Bedingungen für eine Menschheit schaffen, die sich selbst frei, aber gemeinschaftlich trägt – oder aber die Bedingungen für eine neue Ware schaffen, diesmal genetischer Art, bestehend aus Kopien von Menschen, die an Menschen verkauft werden, aus Chimären oder Hybriden, die wie Sklaven, Roboter oder Arbeitsmittel eingesetzt werden …

M. S. — Ist es möglich und wünschenswert, 120 Jahre zu leben …?

J. A. — Medizinisch weiß ich darüber nichts. Man hat mir immer gesagt, dass es möglich sei. Ist es wünschenswert? Ich werde in mehreren Schritten antworten. Zunächst glaube ich, dass in der inneren Logik des Industriesystems, in dem wir uns befinden, die Verlängerung der Lebensdauer kein von der Machtlogik mehr angestrebtes Ziel ist. Warum? Weil es, solange es darum ging, die Lebenserwartung zu verlängern, um die maximale Rentabilität der „menschlichen Maschine“ in Bezug auf Arbeit zu erreichen, vollkommen war.

Aber sobald man 60/65 Jahre überschreitet, lebt der Mensch länger, als er produziert, und wird dann für die Gesellschaft teuer.

Daher glaube ich, dass in der Logik der Industriegesellschaft das Ziel nicht mehr darin bestehen wird, die Lebenserwartung zu verlängern, sondern dafür zu sorgen, dass der Mensch innerhalb einer festgelegten Lebensdauer möglichst gut lebt – jedoch so, dass die Gesundheitsausgaben im Hinblick auf die Kosten für die Gemeinschaft möglichst gering bleiben. So erscheint ein neues Kriterium der Lebenserwartung: Der Wert eines Gesundheitssystems bemisst sich nicht an der Verlängerung der Lebenserwartung, sondern an der Anzahl der Jahre ohne Krankheit und insbesondere ohne Krankenhausaufenthalt. Aus gesellschaftlicher Sicht ist es nämlich durchaus vorzuziehen, dass die menschliche Maschine abrupt zum Stillstand kommt, anstatt sich allmählich zu verschlechtern.

Das ist völlig klar, wenn man bedenkt, dass zwei Drittel der Gesundheitsausgaben auf die letzten Lebensmonate konzentriert sind. Ebenso erreichen – bei aller Zynik beiseite – die Gesundheitsausgaben nicht


DT


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